Créer une société aux États-Unis ne donne aucun droit d’y travailler. C’est l’une des surprises les plus fréquentes chez les dirigeants européens. Pour piloter sa filiale sur place, il faut un statut adapté, et les deux voies les plus utilisées par les PME sont le visa E-2 et le visa L-1.

Ce que l’on peut faire sans visa de travail

Avec l’ESTA (programme d’exemption de visa, séjours de 90 jours maximum), un dirigeant peut assister à des réunions, négocier, visiter des salons ou des clients. Il ne peut pas travailler de manière productive pour la filiale ni y être rémunéré. Dès que la présence devient régulière et opérationnelle, il faut un visa adapté.

Le visa E-2 investisseur : la voie des PME

Le visa E-2 est réservé aux ressortissants de pays liés aux États-Unis par un traité de commerce. La France, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg et le Canada en font partie, selon le Département d’État. Les conditions publiées par l’USCIS :

  • un investissement substantiel par rapport au coût de l’entreprise créée ou rachetée (il n’existe pas de montant minimum fixe : plus le projet est petit, plus la part investie doit être élevée) ;
  • une entreprise non marginale, capable de générer plus que les revenus de l’investisseur, ou d’y parvenir dans les cinq ans ;
  • une détention d’au moins 50 % par des ressortissants du même pays signataire, ou le contrôle opérationnel ;
  • un séjour initial de deux ans maximum, renouvelable par périodes de deux ans, sans limite du nombre de renouvellements ;
  • des salariés de même nationalité peuvent en bénéficier s’ils occupent un poste de direction ou ont des compétences essentielles, et le conjoint est autorisé à travailler.

Point de vigilance : une filiale détenue à parts égales par des associés de nationalités différentes peut ne pas remplir la condition des 50 %. Le montage capitalistique se vérifie avant la création.

Le visa L-1 : le transfert intra-groupe

Le L-1A permet de transférer un dirigeant ou un manager d’une société étrangère vers une entité liée aux États-Unis (filiale, succursale, société sœur). Conditions principales :

  • la personne doit avoir travaillé au moins un an sans interruption au cours des trois dernières années pour la société étrangère ;
  • pour l’ouverture d’un nouveau bureau, le séjour initial est limité à un an, avec obligation de démontrer ensuite que l’activité s’est réellement développée ;
  • la durée totale en L-1A est plafonnée à sept ans.

Le L-1 suppose donc un groupe déjà réel en Europe. Il ne fonctionne pas pour une société créée la veille.

E-2 ou L-1 : comment choisir

  • E-2 si l’investissement est porté par des ressortissants d’un pays signataire et que le projet américain est autonome et financé.
  • L-1 si la société européenne existe depuis longtemps, que le dirigeant y travaille depuis plus d’un an, et que la structure de groupe est claire.
  • Aucun des deux n’est une carte verte : ce sont des statuts temporaires, liés à l’entreprise.

Ce qui fait réussir ou échouer un dossier

  1. Un business plan crédible : marché, prévisions, recrutements, cohérent avec les montants investis.
  2. Des fonds traçables et réellement engagés dans le projet (contrats, bail, équipements), pas simplement déposés sur un compte.
  3. Une structure juridique compatible avec le visa visé (détention, nationalité, liens de groupe).
  4. Un calendrier réaliste : la société, le compte bancaire et les premiers engagements doivent exister avant le dépôt.
À retenir

Le visa se prépare en même temps que la structure, pas après. Une société mal capitalisée ou mal détenue peut rendre le visa impossible, et un dossier faible peut retarder toute l’implantation de plusieurs mois.

Questions fréquentes

Y a-t-il un montant minimum pour le visa E-2 ?

Non. L’investissement doit être « substantiel » par rapport au coût total du projet. Plus le projet est petit, plus la part investie doit être élevée proportionnellement.

Peut-on travailler pour sa filiale avec un ESTA ?

Non. L’ESTA permet des réunions, des négociations ou des visites de salons, pas un travail productif ni une rémunération par la filiale.

Le conjoint d’un titulaire E-2 peut-il travailler ?

Oui. Selon l’USCIS, le conjoint en statut E-2 valide est autorisé à travailler du fait de son statut.

Sources

Liens externes consultés le 24 octobre 2026.

Ce guide ne constitue pas un conseil en immigration. Tout dossier de visa doit être préparé avec un avocat américain spécialisé.

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